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La conférence Health 2.0, vitrine des technologies en ligne et sur téléphone mobile dans le domaine de la santé, se tiendra à Paris les 6 et 7 avril prochains. Une première pour cet événement c
réé aux États-Unis. Denise Silber, fondatrice de Basil Strategies et organisatrice de la conférence, fait le point pour Hospimedia sur les enjeux liés au développement de la santé 2.0.

Hospimedia : Cinq conférences Health 2.0 se sont tenues aux États-Unis. Pour la première fois, l’événement traverse l’Atlantique et est organisé en France, à Paris. Quel sera son contenu ?

Denise SilberDenise Silber : Le programme diffère quelque peu de celui des conférences américaines, en ce sens qu’il est basé sur des éléments avant tout européens. La conférence permettra ainsi de passer en revue différentes expériences en matière de santé 2.0 issues de 12 pays européens (dont la France) et des États-Unis. Seront présentés des outils de recherche spécialisés en santé, des communautés en ligne de patients, de médecins, d’autres outils de partage d’informations et de dialogue utilisés par les professionnels et les patients.

L’idée est de partager ces expériences, qui ne sont souvent connues que dans leur pays d’origine. Doctors.net.uk, par exemple, rassemble près de 90% des médecins britanniques. Le site ne concerne, par définition, que le Royaume Uni mais n’en constitue pas moins une initiative qui peut intéresser les professionnels de santé d’autres pays.


H. : Comment définiriez-vous le concept de santé 2.0 ?

D.S. : Il s’agit de l’application des technologies du web 2.0 dans le domaine de la santé. On peut distinguer ici deux composantes. Il y a d’une part l’utilisation des médias sociaux courants (type Youtube, Facebook, Twitter) pour communiquer des informations et susciter le dialogue entre différents acteurs. Mais il existe aussi des outils créés de façon originale pour répondre à des besoins spécifiques de professionnels de santé et de patients. Des neurochirurgiens suédois ont ainsi créé le système qu’ils ne trouvaient pas sur la toile et qui répond aujourd’hui à leurs besoins. Dans un autre domaine, Medting propose une plateforme de publication et de partage de cas cliniques, traduits en plusieurs langues. Aux États-Unis, un site comme PatientsLikeMe favorise le partage de données quantitatives et qualitatives sur le système de soins.


H. : Quels sont les enjeux liés au développement de ces initiatives ?

D.S. : En termes d’organisation du système de soins, nous sommes à une période charnière. La population vieillit et l’évolution de la démographie médicale pose quelques problèmes. C’est une banalité de le dire, mais tous les acteurs du système de santé sont appelés à mieux communiquer entre eux. Disposer uniquement de sites internet classiques, par exemple, ne suffit plus. Des outils existent, qu’il s’agit de développer et d’utiliser.

La santé 2.0 peut ainsi avoir un rôle à jouer dans le domaine du dossier médical électronique. De nombreuses initiatives ont été lancées, concernant notamment les urgences ou les vaccins. Pourquoi la somme de ces initiatives, favorisée par les échanges créés par la santé 2.0, ne pourrait-elle pas aboutir à une plus grande cohérence ?


H. : Où en sont les acteurs français dans ce domaine ?

D.S. : Il n’y a pas eu en France un projet qui a d’emblée visé le marché mondial en étant lancé en Anglais, comme l’exemple suédois ou Medting. Mais des initiatives françaises il y en a, même si aucune ne peut se targuer de rassembler 80% des professionnels de santé.


H. : A quoi cela est-il dû ?

D.S. : Il y a sûrement un problème de connaissance des modèles économiques et de soutien à l’entrepreneuriat, même si la situation est en train se s’améliorer. La volonté politique de développer ce secteur existe aujourd’hui. Elle est illustrée notamment par les ambitions affichées en matière de télésanté. Mais tout n’est pas forcément évident pour celui qui veut se lancer dans la santé 2.0. La communication manque peut-être dans ce domaine. Les bonnes idées ont du mal à trouver un soutien. Le but de la conférence est de comparer les différentes initiatives dans le monde pour montrer qu’il est possible de monter de tels projets.


H. : Quid des établissements de santé dans ce domaine ?

D.S. : Ma société a mené récemment une étude sur les sites internet des établissements de santé. Il en ressort qu’il existe une marge de progression certaine dans leur manière de communiquer. A titre d’exemple, sur les 131 sites retenus pour l’étude, très peu présentent les horaires de visite dans les différents services. Les choses commencent à évoluer et des initiatives ont été lancées, via notamment la Fédération hospitalière de France et son site hôpital.fr. Mais cela ne remplace pas le travail de communication attendu par chaque structure. Dans un environnement de plus en plus concurrentiel, les établissements doivent aujourd’hui se pencher sérieusement sur la manière dont ils communiquent entre eux et avec les autres acteurs.

Plus de détails sur l’évènement : Conférence Health 2.0 Paris