Les articles les plus consultés le mois dernier par nos abonnés traitent sous divers angles du malaise qui semble aujourd’hui régner dans le monde hospitalier. Preuve, peut-être, que nos lecteurs attendent sur ce sujet maintes fois évoqué dans différents médias des explications concrètes, en tout cas une analyse détaillée.
L’article le plus lu porte sur la nouvelle gouvernance hospitalière. Frédéric Pierru, sociologue, explique que, contrairement à une idée répandue, l’hôpital n’est pas allergique aux réformes. Au contraire, ce secteur a été soumis durant les vingt dernières années à des bouleversements constants, auxquels les professionnels se sont toujours soumis. La loi HPST et ses nouveaux changements a en quelque sorte nié tous les efforts consentis par ces professionnels. C’est sa logique à court terme, combinée à la RGPP, qui semble aujourd’hui gripper le système et décourager les acteurs des établissements de santé.
L’enquête de la CFDT Santé-sociaux sur les conditions de travail des soignants de la fonction publique hospitalière souligne ce découragement. Ces professionnels y décrivent, à travers leurs réponses, une organisation du travail déstructurée, incohérente. L’attitude du corps médical est pointée du doigt. « L’absentéisme médical » désorganise le système et donne l’impression aux soignants d’être à la disposition des médecins. Médecins qui, à aucun moment, ne remettent en cause leurs pratiques.
Découragement encore. Ceci expliquant peut-être cela, le secteur de la santé détient la palme de l’absentéisme, selon une autre étude d’un cabinet de conseil : 5,83%, soit 21,3 jours, contre 3,22% pour le secteur BTP, tandis que le taux moyen national s’élève à 4%. Encore une fois en cause : la pénibilité et les conditions de travail.
Notre dossier sur la réforme des instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) a également particulièrement intéressé nos abonnés. L’intégration au dispositif LMD de ces formations est qualifiée par les représentants des infirmiers de « chaotique ». Les IFSI sont en attente d’une reconnaissance que ne leur octroit pas encore le système universitaire. Suite aux protestations, le ministère de la Santé s’est notamment engagé à « saisir le Conseil d’État pour affirmer le statut social d’étudiant pour les étudiants en soins infirmiers et permettre une réévaluation des bourses formations sanitaires et sociales voire leur transfert au CROUS« .
À noter que sur cette question, les sages-femmes sont également en demande d’autonomie de leur formation initiale dans l’université.
Deux autres sujets intègrent le « Top 10 » du mois de mai. Il s’agit de l’ouverture par l’EHESP d’une classe préparatoire intégrée en octobre et de notre article sur des dispositions modificatives en cours ouvrant de nouveaux droits en matière d’utilisation des Comptes épargne temps (CET).








